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05/03/2017

BD 26: Cobaye de laboratoire, en ligne!

Fans et amis de Francis Delphy, les nouvelles sont bonnes!

 

Vous trouverez sur son site:

www.francis-delphy.com

- Tout de suite: une nouvelles bande dessinée de 186 pages en lecture gratuite.

-  et dès fin mars 2017: de nouveaux extraits des carnets 31, 44, 45 et 46.

- ainsi que des croquis et dessins inédits...

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A bientôt pour la suite de mes notes perso sur la création de l'univers de mon sous-marinier préféré.

Bien à vous.

Carine

20:44 Publié dans Blog, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

31/01/2017

Ecrire à tout prix

CONSTRUCTION

5 novembre 2012

Je suis stimulée, presque contrainte, à écrire tous les jours, car les événements suivis par Francis Delphy se déroulent au même rythme que les miens. La chronologie est exacte, au point que chez lui, nous sommes le 5 novembre 1978. Nous avançons en parallèle, au rythme des saisons, jours après jours. Mais au fond de la mer, les saisons n’ont pas cours !

Si Jenny me permet d’avoir sur mon histoire un regard frais et candide, elle n’a pas un rôle majeur. Francis me correspond mieux qu’elle. Je pense que Jenny représente la fille que j’aurais pu être si j’avais mieux accepté ma féminité. Encore aujourd’hui, je trouve plus facile de penser « masculin ». J’aime avoir des copines, je les trouve sympathiques et jolies. Moi aussi, je m’applique à soigner mon apparence, mais c’est plus pour mon mari et pour les autres que je le fais. Je me sens vraiment moi qu’en habits pratiques, par exemple quand je promène ma chienne. Ensemble, nous partons en exploration. Même si les forêts que nous traversons n’ont plus beaucoup de secrets pour nous, nous trouvons toujours un arbre étrange, un oiseau moins timide, un nouveau sentier…

Mes rares souvenirs de voyage alimentent les décors des étranges lieux découverts par le Poséidon : une île, une cité sous-marine, un laboratoire, une ville, mes escapades en France maritime… Je les prends comme ils viennent, persuadée que mon inconscient sait mieux que moi où je vais.

J’ai le sentiment précis d’être guidée. Seule cette conscience que je perçois au fond de moi sait ce que va donner cette étrange construction. Je bâtis l’univers de mon personnage comme un puzzle. Des pièces réalisées sans impression de cohérence, comme des épisodes disparates. Et plus j’avance, plus je comprends que chaque pièce a un sens précis. Elles finissent par s’imbriquer parfaitement, mais je ne vois pas encore l’image finale. C’est d’ailleurs ce qui me fascine. Continuer cette création, avancer de découverte en découverte, curieuse d’en connaître un jour le résultat. Tout en espérant ne pas finir trop tôt, car l’exercice me plaît beaucoup !

21 janvier 2013

Le bureau dans lequel je travaille a été dévasté hier par un incendie. La précarité des choses m’ébranle. Je suis d’autant plus convaincue de ne rien remettre au lendemain. La vie parallèle que je partage avec Francis Delphy prend un sens nouveau. Je puise chez lui la force et la sérénité qui me manquent. Après tout je lui donne tout mon temps libre et ma création. L’échange est honnête. Nos chemins continuent, bien distincts, mais proches. C’est rassurant. Si je trébuche, je tends le bras. Je sais qu’il sera toujours là. Je ne veux pas qu’il disparaisse. S’il meurt, je meurs. Nous sommes liés depuis trop longtemps.

A la question : pourquoi Wally Baumann a été immédiatement attiré par Francis Delphy ? Je décris, comme lui, ma fascination pour ce sous-officier sous-marinier, sociable et trop empathique. Un homme au sourire facile, plaisantin, un peu rêveur parfois, et toujours prêt à rendre service, mais surtout très imparfait. Son instabilité de caractère, ses questions continuelles, ses craintes de ne pas réussir, les souffrances occultées de son enfance, et cette peur qui le hante trop souvent. La peur de la différence, de ne pas être assez aimé, de ne pas être reconnu comme il s’applique tant à se montrer : solide et compétent, viril et courageux. Il donne, mais il ne sait pas recevoir. Il n’attend rien des autres, si ce n’est du respect, de la reconnaissance. Il ne cherche pas l’amour. Aimer, ce serait ouvrir une brèche dans la carapace de son personnage si bien modelé. Il craint l’inondation dans son être le plus profond, celui qu’il refuse de connaître, et qui pourtant est le meilleur de lui-même.

Je construis en premier sa partie visible, pour mieux le décortiquer ensuite et comprendre quelles sont ses fondations. Je me plonge dans le subtile, le retenu, ces petits gestes répétitifs quand la gêne s’installe, ces mots qu’il se retient de prononcer pour ne pas ouvrir la porte à un flot de paroles interdites. Alors je reviens à Wally Baumann, l’ami rêvé, disponible, doux et mignon. L’homme qui préfère rester adolescent, candide devant les relations humaines, et incollable sur les sujets scientifiques qu’il étudie, assimile et analyse avec curiosité. Jeune, solitaire, bridé dans ses pensées les plus secrètes, il sent chez Francis Delphy une pudeur similaire à la sienne. Une sensibilité bien cachée, mais qui laisse filtrer une lumière magnifique dont Wally se nourrit. Il se ressource à son contact, il se révèle. Il offre à ce marin trop sûr de son image l’opportunité de devenir authentique. Il l’invite à se mettre à nu, corps et esprit. Un défi, une épreuve, une permission ? Francis voit en Wally un fruit défendu, superbe, appétissant, mais mortel. Le sous-marinier tient à continuer une carrière sans tache, sans vague. Il veut garder la fidélité de ses copains, la confiance de ses supérieurs, le respect de ses voisins, le regard neutre de la société et la compagnie occasionnelle de ces femmes libres dont il garde l’adresse. Mais il veut aussi être aimé, écouté, deviné et compris, caressé, enveloppé d’une confiance totale. Il pourrait conjuguer sa vie à deux, mais il a peur de changer.

Créer un tel bouleversement me permettrait d’oser un regard sur ma peur? Et si ses craintes rejoignaient les miennes ? En cherchant à comprendre ce que cache Francis, que vais-je découvrir sur moi-même ?

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07/11/2016

Mais QUI est-il?

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INTERROGATIONS (partie 2)

28 mai 2012

Je suis en vacances, au bord de la mer. A cette époque, le camping est presque vide. J’ai enlevé ma montre. Danny rattrape les trop courtes nuits du reste de l’année par de fréquentes grâce-matinées. Nous nous laissons enfin guider par nos rythmes naturels. Les repas sur la terrasse du mobil home se prolongent par des conversations ou des jeux. Je dessine, j’écris, je crée pendant que mon conjoint se plonge dans des lectures plus informatives et techniques. Mon esprit se repose durant les promenades dans les dunes ou sur la plage. Je m’abandonne à l’eau salée et je reviens en pensées aux côtés de mon sous-marinier préféré. Pour lui, cet élément liquide fait partie de son quotidien. Je l’envie. On désire toujours ce que l’on n’a pas. Je viens d’un pays magnifique, entourée de plaines, forêts, lacs et montagnes. Il ne manque que la mer. Le lac me permet de rêver un peu, mais si peu… Alors je laisse mon esprit créatif s’occuper du reste. Et bon sang, il se débrouille plutôt bien ! J’oriente mes lectures vers mes sujets. Tout y passe : documents sur la marine, sur et sous la mer. J’essaie de comprendre le fonctionnement des machines, le mode de vie des cétacés, la biologie de ce monde profond. Je lis des romans sur le même sujet. Je triture internet dans tous les sens. Je deviens boulimique. Toutes ces informations s’accumulent dans ma tête, se brassent, macèrent et me restituent par vagues parfois tempétueuses des éléments précieux pour mon histoire. Mon personnage y trouve sa place. Ce qui l’entoure le rend encore plus vivant.

Comme Francis est mon complément masculin, il commence par se montrer très macho, enclin à la drague et à la bagarre. Plutôt extraverti et amusant, avec son physique un peu rond, il inspire confiance. Je n’ai jamais aimé les muscles saillants. Rien à voir avec les héros américains des années soixante ! Militaire, il est resté par choix sous-officier dans la marine, engagé depuis six ans à bord du sous-marin Poséidon. Un milieu exclusif, réservé aux hommes, confiné, où la vie privée et le travail s’entremêlent. Sa position de chef d’équipage, subordonné aux officiers, lui permet une relation directe avec chacun. Il doit montrer l’exemple et faire exécuter ses ordres. Situation qui lui convient, surtout dans ses périodes de doute où sa position lui donne de l’assurance. Loyal et courageux, un peu rêveur, presque utopiste, il préfère s’appuyer sur les décisions de ses supérieurs pour se donner bonne conscience.  Mais il ne les suit jamais aveuglément. Si une action dépasse ses convictions, il est capable de s’y opposer. Plusieurs fois, il a frisé le rapport d’insubordination et la dépose de ses galons. Sa sympathie, sa générosité et ses actes de bravoure sont pris en compte. L’amiral et le capitaine sont devenus ses amis et ils se montrent souvent compréhensifs.

Comment m’est venue cette idée saugrenue de confronter Francis à un homosexuel ? Puisque je suis aussi lui, je m’imaginais mal coucher avec une nana. Je trouve les mecs tellement plus attirants… Alors voilà… Va falloir faire avec !

Francis est sociable et séduisant, il attire de belles femmes, et il en profite. Mais elles aussi profitent de lui. A son détriment. Donc il reste célibataire. Il n’a pas confiance en elles. Seuls les mecs sont à ses yeux de bons copains, fidèles et fiables. Jamais il n’imagine associer à ces amitiés une quelconque attirance physique. Ressembler à une lopette, ce serait le sommet de la honte. Et la honte, il a donné, déjà dans son enfance. Mais l’amour tendre, tolérant et inconditionnel du biologiste Wally Baumann finit par craqueler son épaisse carapace. Il voit dans ce jeune scientifique introverti la part de féminité qui lui manque. Son ami devient son complément. Francis va oser faire un pas dans le vide. Wally va le rattraper. Ils vont partager tendresse, passion et vie commune. Un amour énorme et parfait, sans compter sur les gens cruels qu’ils vont croiser. L’intolérance, la provocation, la brutalité envers les gays deviendront leur enfer. Surtout celui de Francis, qui finit par rendre Wally responsable de ses tourments.

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16/10/2016

Lui et moi

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INTERROGATIONS (partie 1)

22 février 2012

Je regarde mon troisième carnet, bientôt terminé, avec une pointe de culpabilité. Francis Delphy continue d’occuper toutes mes pensées. Serais-je infidèle à mon mari avec ce personnage de papier ? Pendant plus d’un an, je me cache pour créer. Cette double vie me gêne. Je me sens si anormale. Mais elle prend trop de place, s’impose comme une évidence. A l’idée de la renier, je souffre. Un soir, je choisis de continuer à écrire dans mon petit carnet alors que mon époux entre dans mon atelier. Il n’émet aucun commentaire. Je lui explique que cela me permet de réunir des éléments pour une nouvelle histoire. Ma réponse ne suscite pas de question. Bien plus tard, j’évoquerai la trame très large de ce projet. Raconter la vie d’un homme que je « connais » depuis l’adolescence, croisé au hasard de la série télé préférée de ma meilleure amie. Je le prends tel quel, mais très vite, ses aventures débordent du cadre prévu par le créateur du feuilleton. Je m’approprie donc ce personnage, sans trop de scrupules puisque qu’il reste enfermé dans ma jeune tête. Il apparaît en dessins maladroits sur les reliques de mes cahiers d’école, cachés ensuite soigneusement dans l’armoire de ma chambre d’enfant.

Mais Francis revient, par périodes de quelques mois. A chaque apparition, il se précise et se singularise. Je me persuade qu’il ne m’appartient pas, pourtant je continue à raconter son histoire comme si elle était la mienne.

L’image de Francis Delphy n’est pas représentative de la moyenne. En tout cas pas des stéréotypes que la société montre des hommes, en général. Pourtant mon marin sait très bien faire la part des choses. Ses coups de gueule, sa rigueur militaire si bien démentie dès qu’il quitte son uniforme, son besoin de séduire les jolies femmes, cachent une sensibilité qui l’horripile. Tout ce qui n’est pas viril ne doit pas lui être attribué. Il redoute la honte plus que tout, plus que la mort. Son enfance, ponctuée de paradoxes, le perturbe encore. Il attire les situations les plus inconfortables, malgré lui. Il ne peut les comprendre qu’en y étant confronté, mais crie à l’injustice. Il apprend à tirer parti de ses faiblesses. Surtout quand elles lui ouvrent les portes sur des expériences fortes, agréables ou pas. Tant de chemins de vie sont possibles. Mais nous sommes parfois victime de nos choix…

francis delphy sous-marinier, aventures en mer, bande dessinée gratuiteA suivre!

21/08/2016

Une personnalité tenace

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IMPULSION (partie 1)

26 décembre 2011.

Il est revenu. Celui qui m’inspire le plus. Celui dont la vie étonnante mérite d’être enfin révélée. Parmi tous les personnages de mes histoires, il s’impose pour la quatrième fois. Je ne résiste plus. Je prends un petit carnet vierge dans mon armoire et je commence à écrire. Puis je le dessine, encore et encore en cherchant le détail pour arriver à une ressemblance parfaite. Je veux à nouveau donner vie à ce sous-marinier, sans imaginer que j’irai jusqu’au bout. Pourquoi ne l’abandonnerai-je pas à la fin de ce récit, comme je l’ai déjà fait à 15 ans, à 24 ans, à 38 ans ? Parce que j’ai déjà dépassé largement la moitié de ma vie, je réalise que je ne veux pas mourir sans lui laisser une chance. Si je l’écris, l’histoire de Francis Delphy continuera de vivre dans l’esprit de ceux qui le liront. Il devient ma garantie d’immortalité. La sienne surtout.

Les vrais héros de mon enfance ont toujours été masculins. Je les découvre dans les livres, m’attache à ceux de la télévision, m’imagine dans leur peau. Une petite fille dans un corps de mec. Soudain de la puissance, du charisme ! Alors tout est possible, même au travers du plus terrible des scénarios.

Enfant, j’aime explorer mes limites physiques. Courir très vite, sauter très loin, ou très haut… ou le plus bas possible quand je grimpe. J’aime me salir, dire des gros mots, avoir l’air costaud… enfin costaude. Je montre mes muscles à mon frère qui éclate de rire. Il me propose un bras de fer. Il gagne, mais je résiste et j’en suis fière.

Quand il pleut, je m’abrite sous un capuchon. Je cache mes cheveux longs derrière mon cou. Un enfant dit à l’adulte qui l’accompagne : « Regarde, le garçon, il court sur la route ! » Le garçon, c’est moi ! Héhé… Pour rentrer de l’école, je dois marcher durant vingt minutes si je ne traîne pas. L’immeuble où j’habite se trouve dans le haut de la ville. Souvent, je passe au feu rouge. Je répète volontiers cette phrase : les lois sont faites pour être transgressées. Mais je pense tout de même qu’il ne faut pas que cela porte préjudice à autrui. Mon éducation catholique émerge de temps en temps. A juste titre. Je préfère baser mes relations sur l’amour et l’amitié. La méchanceté me rend malade.

Fillette à peine scolarisée, je me singularise et aime bien être entendue. Dans la cour de mon immeuble, les enfants me demandent conseil. Mon imagination les attire. Notre terrain se prête à tous les jeux. Nous habitons presque à la campagne, là où la nature en défriche trouve encore une place. Je deviens la meneuse des gamins de mon âge, garçons et filles, et aussi des plus jeunes. A l’école, je suis aussi bien entourée. Mon signe du Zodiaque me correspond à merveille. Le roi Lion au milieu de ses sujets.

Mais un jour, le roi Lion change de zoo. Nous devons déménager. D’autres habitudes, un autre accent, et plus de béton autour de ma nouvelle maison, situé en pleine ville. Trop de changement. Je perds mes amies, et mes repères. J’ai de la peine à m’intégrer. Plus que jamais, je ressens le besoin de m’évader dans mes aventures imaginaires. Je dessine, seule dans ma chambre. Je raconte dans des cahiers entiers, des récits parfois tragiques, et d’autres qui me font rire. Je lis beaucoup de romans et de bandes dessinées. Activités casanières qui n’effacent pas mon plaisir de sortir, surtout par beau temps, mais souvent seule. Mes copines se comptent à peine sur les doigts d’une main.

 

A suivre... en septembre.

Votre Carine