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09/10/2017

HIstoire d'une histoire, suite et fin.

EVOLUTION

Je comprends aujourd’hui que ce n’est pas l’image de cet acteur de feuilleton télévisé que j’ai volé. Je me reconnais en lui. Comme si, enfin, je peux accepter le reflet de mon miroir. Est-il une âme sœur ? Un lointain membre de ma famille ? Avons-nous une histoire commune dans une autre vie ? Encore faut-il croire en la réincarnation, et là n’est pas le sujet. Je comprends juste qu’il a été le déclencheur d’une prise de conscience. C’est avec lui que je partage mon évolution personnelle. Il a bien fallu que je lui mette un visage pour pouvoir le reconnaître. Et celui-ci, que j’ai appelé Francis Delphy, me semble encore maintenant le plus approprié. Car ce choix n’en est pas un. Je suppose qu’il s’agit d’une subtilité de l’inconscient, qui, lui, sait tout... Il s’est imposé comme une évidence. Chercher à en savoir le pourquoi ne m’apporterait pas forcément de réponse. Et puis, je m’en fou. Je préfère profiter de cette formidable occasion d’explorer un monde nouveau pour y entrer et me délecter de mes découvertes.

Il ne me manque plus qu’une chose : le lien entre cet univers et celui dans lequel je vis. Pour de m’y sentir moins seule avec mes idées bizarres et mes rêves sans fin… mais aussi pour partager mes réflexions philosophiques, enfin les siennes… Ces inévitables questions que Francis se pose face aux paradoxes et aux injustices. Ses doutes sur ses choix. Des moments forts en émotions, où l’amour côtoie son contraire, avec ses regrets, ses objectifs, son imagination sans limite, et bien sûr ses aventures fantastiques...

Qui sait, je pourrais découvrir qu’en fait, je ne suis pas si farfelue ?

Même aujourd’hui, j’en doute... Est-ce la raison qui m’empêche de faire ce pas si difficile ? Celui de me dévoiler, sans pudeur aux yeux des lecteurs. Alors, j’avance, je recule.

Je crée pour moi, mais je veux ensuite le partager. Contradiction ? Je veux, je ne veux pas. Ne pas. Un pas…

Carine Racine 

9 octobre 2017

Suite des aventures de Francis Delphy sur : www.francis-delphy.com

Francis Delphy, sous-marinier, aventures en mer, dauphins, écriture

18:20 Publié dans Blog, Livre, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0)

13/09/2017

L'attirance de la mer

REVELATION

19 août 2015

Les dauphins m’appellent. Je ne peux plus raconter l’attirance de Francis pour les cétacés sans les rencontrer moi-même.

Durant six jours, nous parcourons une portion privilégiée de l’océan Atlantique, où nagent baleines, cachalots et plusieurs sous-espèces de dauphins : des lents globicéphales, de grands dauphins occupés à chasser, des blancs et bleus rapides, des tachetés joueurs et très nombreux. Notre petit groupe, un homme et sept femmes, se lie avec simplicité autour de ce but commun. Puis une amitié durable nous soude, même après être rentrés chez nous. Nous avons partagé ces rencontres magiques depuis le bateau ou dans l’eau, nos repas, nos soirées et même des moments de méditation. La plus émouvante pour moi a été la rencontre avec mon enfant intérieur : Cette petite parcelle de notre inconscient qui nous permet de nous émerveiller, de rester sensible et réceptif comme du temps de notre enfance. Dans un décor que je dois imaginer, j’attends la visite de cet enfant. Il m’attend, assis au bord d’un lac. Blond, cheveux courts. Il se retourne, se lève, me tend la main et prend la mienne. Je suis submergée par l’émotion. Je n’ai pas dit « il » par hasard. Mon enfant intérieur est un garçon ! J’en discute ensuite avec notre guide. Elle me confirme que notre inconscient choisit parfois d’adopter l’apparence du sexe opposé. Je suis d’autant plus surprise que les autres femmes du groupe ont toutes vu une petite fille. Et pas moi…

Je suis émue jusqu’aux larmes. Je comprends mieux pourquoi cette impression de dualité est si forte. Chacun d’entre nous est habité par des éléments du féminin et du masculin, avec une prédominance pour celui représenté par le corps physique de la majorité. Leur identité est claire. J’en déduis que chez moi, la distinction n’est pas aussi nette. Je pense que c’est un avantage. Car ainsi je peux me sentir proche de tout le monde. J’ai d’ailleurs des amis et des amies très proches avec lesquels je peux aborder tous les sujets. Le comprendre m’aide à m’accepter.

Francis Delphy, sous-marinier, aventures en mer, dauphins, écriture

15/08/2017

Recherche d'identité

DISSENSION

10 mai 2015

Francis a tous les rôles. Il est père. Il a été fils. Il est l’ami, le collègue, le chef, le rêveur… Il est moi, je suis lui. Jour après jour, je me nourris de nos similitudes. Et j’explore nos différences.

A travers mes expériences personnelles, je vis les siennes. Tout se mélange,  et ne forme qu’une seule et même personne.

Francis refuse d’accepter sa dualité. Le pire en lui n’est pas le bien contre le mal, mais le masculin contre le féminin. Il veut correspondre à l’image de l’homme, selon la définition de la société de son époque. Pour lui, montrer sa part féminine est honteux.

Ce reniement systématique le coupe d’une partie essentielle de lui-même. Si elle tente de s’imposer, il la refoule avec une haine féroce. Ce combat intérieur s’ajoute à ses délires. Il s’invente une ennemie en chair et en os. Une femme qui va le réduire en bouillie. Seule son acceptation peut lui permettre de se reconstituer, et enfin de devenir complet et équilibré. Une épreuve longue, pénible, ponctuée de contradictions.

Quand j’étais enfant, je ne supportais pas que l’on dise : « Cette enfant. » Je voulais entendre parler de moi au masculin. Ainsi, je me sentais fière d’exister. Je retrouve dans mes écrits cette dissonance. A quel moment ai-je décidé qu’il valait mieux vivre « en garçon » ?

Francis Delphy, sous-marinier, aventures en mer, dauphins, écritureJe n’arrive pas à me répondre. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être comme mon frère. Destinée à devenir un homme, solide, charmeur, promis à responsabilités, futur chef de famille et d’entreprise. Influencée par les stéréotypes masculins trop répandus dans les années soixante, je ne pouvais pas trouver ma place parmi les femmes destinées à être « belle et tais-toi ! ». Mon refus a été net dès mon jeune âge. Pas de robes (les porter me rendaient très mal à l’aise), pas de bijoux, pas de poupées (les bébés braillards très peu pour moi), pas de coiffures compliquées (cheveux raides, coupés à l’épaule, souvent attachés). Je ne voulais pas jouer à la maman, ressembler à une princesse ou à une fée. Je préférais être un cow-boy, un indien, un pirate, un explorateur téméraire, un chevalier avec un beau cheval, puis plus tard un sous-officier dans un sous-marin en détresse…